Scénario et dessin : Augustin Lebon et Louise Joor

Couleurs : Hugo Poupelin

Casterman

Un titre qui date déjà de 2017 et pourtant le sujet touche à des préoccupations qui n’ont jamais été autant d’actualité.

Bien sûr, l’histoire se passe en 2068, Augustin Lebon et Louise Joor nous dépeignent en quelque sorte un chemin possible pour l’humanité.

L’agriculture passée aux mains de lobbys, ici DIOSYNTA qui exploite 90% des terres et qui, grâce aux FSI (Force de Sécurité Intérieure) fait respecter ses droits de propriété ! Et ce n’est souvent pas très jolie !

Mais comme dans toute oppression, il se développe souvent une résistance et là, c’est le mouvement Résilience !

Une résistance ayant pour but de lutter contre cette agriculture de masse et mortifère adepte des pesticides, au profit des plus aisés et laissant sur le carreau, les plus faibles.

Résilience donc, qui se charge de diffuser des semences, gratuitement et un savoir-faire, pour lutter contre l’agriculture de masse qui ruine les terres !

Adam et Agnès vont bientôt se retrouver forcés de prendre la place de leurs parents au sein de Résilience, à la suite du décès de ces derniers, exposés à des pesticides mortels.

Une reprise de flambeau qui ne sera pas aisée, Adam se faisant arrêter par les FSI. Grâce à l’intervention musclée des Fils de Gaïa, la résistance extrémiste à Dyosinta, Adam trouvera le moyen de s’évader avec Ellen, une autre victime des camps de travail forcé (pour certains du moins…) de la multinationale.

Dans le second opus qui clôture ce premier arc de Résilience, notre trio va rencontrer le reste du mouvement et le fameux havre de verdure, de paix, d’espoir pour l’humanité qu’est la Vallée !

Un endroit de reconstruction du vivant, de conservation des espèces rares, des graminées et semences rares.

Tellement d’espoirs en voyant cette vallée et tellement de craintes quant aux moyens néfastes mis en place par Dyosinta pour éradiquer la Résilience !!

Franchement, c’est un récit prenant et effrayant surtout parce que tout cela semble somme toute… possible !

L’écologie n’a jamais autant été dans les esprits de chacun, enfin, surtout dans l’esprit du commun des mortels, pour ce qui est des politiques et autres industriels lobbyistes, ça n’est pas gagné ! Le vivant tend à devenir la propriété d’industriels et par conséquent la nécessité du profit en est une conséquence.

Certaines scènes de résistance du tome 2 font penser à d’autres scènes d’aujourd’hui lors de manifestations de gilets jaunes, lorsque des gens non armés, bras levés, résistent sans violences mais sont tout de même gazés et flashballisés. C’est une des choses qui me font penser que Résilience n’est pas que de la science-fiction, c’est, je le redis, assez effrayant de se rendre compte que c’est quelque chose de possible dans un avenir plus proche qu’on ne croit…

Mais pour autant, des ouvrages tels que Résilience sont utiles pour montrer ce qui pourrait arriver !

Sont parus depuis, les Tomes 3 et 4, avec un tome 5 en travaux qui devrait clôturer la série.

Encore une bande dessinée d’utilité publique !! ^^

Pierre