Un récit de Thierry Martin d’après la nouvelle de Jack London

Editions Futuropolis

Une nouvelle de Jack London mise en image, ça ne pouvait que m’attirer vers ce bel album réalisé par Thierry Martin.
Au début, c’est assez calme, on se contente avec plaisir, d’admirer les ambiances reposantes installées par l’auteur.
Une personne en particulier, est attendue depuis si longtemps, dans ce village du bout du monde. Du moins, ce personnage, Nam-bok, est attendu inlassablement par sa mère Bask-wah-wan et ce depuis des années.

Tous les jours au même endroit, elle guette le retour de son fils, parti seul à l’aventure sur la mer, en bidarka (canoé).
Le fils aimé, Nam Bok, revient donc enfin par cette mer, qui était censée l’avoir englouti !
Contre toute attente, il n’est pas si bien accueilli si ce n’est par sa mère. Le reste de la tribu voit d’abord en son retour un mauvais présage, ils le prennent pour un fantôme, un démon ayant pris la forme de Nam-Bok, car, qui peut revenir tant d’années après par l’océan ??
Ce que Nam-bok va alors raconter aux habitants de son village, au coin d’un feu, ne va pas l’aider à convaincre son monde. Les découvertes magnifiques pour lui, mais si difficiles à croire, comme un bateau en bois tellement de fois plus grand que des dizaines de canoés, que dire alors du bateau vapeur en fer, qui flotte, ou encore de ces villes avec tellement de gens qu’il est difficile de croire que nourrir tout le monde est possible sans vider l’océan de ses poissons et de ses phoques ?

C’est en somme, le progrès raconté à une tribu éloignée d’une autre civilisation en marche, qui semble irréel, mauvais pour celles et ceux qui n’en n’ont pas été témoins !

Le calme avant la tempête pourrait-on dire, vu ce que le progrès peut amener de mortifère aux hommes et à la nature en général…

J’ai beaucoup aimé cette histoire mise en image par Thierry Martin et le passage de la surprise du retour de Nam-bok à l’escalade des sentiments de peur, d’horreur, de doutes au fur et à mesure du récit de ses découvertes.

La quiétude du village et de son environnement, tellement bien dépeinte et opposée à la folie annoncée par l’arrivée du progrès…

 

Pierre