Dessin : Ruben Del Rincon d’après un roman d’Arturo Pérez-Reverte

Editions du Long Bec

Nous avions eu l’honneur, sur Strasbulles 2017, de recevoir Ruben Del Rincon en même temps que d’autres artistes espagnols et déjà là, j’étais impressionné par l’artiste, mais sans avoir eu la possibilité de l’approcher assez longtemps pour discuter un peu avec lui. J’ai sauté sur l’occasion de sa présence à Bédéciné 2017 pour rectifier le tir. 😉

Et avec ce one shot je ne regrette vraiment pas mon achat. Bien que les français, par Napoléon Bonaparte et son armée y soient décrit de façon assez peu flatteuse, mais l’histoire étant ce qu’elle est, il n’y a pas grand-chose à redire et puis la guerre, ça n’est jamais très flatteur.

Avec ce récit, inspiré du roman d’Arturo Pérez-Reverte, qui s’est lui-même inspiré de faits réels de la campagne de Russie, on découvre une facette de l’histoire française.

Napoléon Bonaparte lors de la campagne de Russie, enrôle des prisonniers espagnols comme chair à canon, le 326ème régiment d’infanterie. Mais, lors de la bataille de Sbodonovo en 1812, le 326éme fait preuve d’un patriotisme, d’un héroïsme inattendu, mais en apparence seulement, vu qu’ils souhaitent se rendre à l’ennemi pour intégrer leur armée et lutter contre le nain (Napoléon) et ses « gaulois » !

Mais là, rien ne va vraiment se dérouler selon les plans du Capitaine Garcia et du reste du 326ème régiment d’infanterie…

Cette histoire pourrait être traiter de façon hyper sérieuse mais on voit un Bonaparte sur son cheval, assez ridiculement perché sur une colline pour ne rien rater du carnage et assisté, en retrait, par sa cour de nobles militaires, tous terrorisés de ne pas avoir le bon mot pour flatter l’empereur. Murat y va de sa solution miracle pour « aider » le 326ème, une charge de la cavalerie… Et bien faites Murat, vous proposez, allez-y, chargez ! Gloups… ^^

Je trouve que le traitement du sujet est très intelligent, il y a un mix entre une certaine légèreté, de l’humour et le sérieux de la guerre.

Ruben Del Rincon, dans un style bien dynamique, dépeint des batailles de folie et terribles en pertes humaines, aussi bien durant les affrontements qu’après en achevant les survivants. Il montre bien le désespoir de ces soldats du 326ème sous les ordres ineptes de leurs supérieurs et leur impuissance face à cela, d’autant plus que chez eux, en Espagne, les français massacrent le peuple, leurs familles. Un désespoir se transformant en révolte.

J’ai pris grand plaisir à lire ce one shot, n’hésitez pas, en plus point de suite, c’est complet, beau, passionnant !

Pierre