Scénario : Stéphane Louis

Dessins : Lionel Marty

Couleurs : Vera Daviet

Editions Grand Angle

L’époque dépeinte dans cette histoire, la Louisiane des années 30, est bien sombre pour les gens de couleur aux Etats-Unis.

Pourtant, à contre courant des peurs, l’année 1929 voit la rencontre de Abe, un jeune noir  et de Will, un jeune blanc, fils de notable suprématiste. Ils passeront tous les obstacles qui font, qu’à cette époque, un blanc ne peut pas, ne doit pas fréquenter un noir et deviendront amis à la vie, à la mort ! Il passent même un pacte pour s’entraider mutuellement.

Ils vont tout découvrir ensemble et ils perdront tous deux, du fait de leur relation d’amitié, une personne importante pour tout enfant.

C’était le temps des « picnics », triste jeu de mots pour « pick a niger » du Ku Klux Klan et pour cela aussi, Abe et Will tiendront leur relation secrète, d’autant plus que le père de ce dernier est un membre haut placé de cette organisation de suprématistes blancs. Abe n’est pas en reste dans le silence qu’il doit garder de son amitié avec l’ennemi blanc, surtout qu’Abe aide Will à faire ses devoirs d’école. Il sera d’ailleurs toujours présent dans ce rôle précis, même en tant qu’adulte, mais toujours en secret car un noir ne saurait être plus intelligent qu’un blanc…

Une époque compliquée, terrible, que Stéphane Louis raconte avec humanité et réalisme, au travers de deux vies rassemblées par leurs différences !

Un peu tout le contraire de l’époque actuelle, ça aussi, c’est effrayant quand on y pense…

Aux dessins, Lionel Marty parvient à retranscrire toutes les émotions que génère cette violente période, les corps, visages parlent d’eux-mêmes, le tout accentué par les couleurs de Véra Daviet, en adéquation avec les situations, on est complètement dedans.

Vraiment une belle lecture, je vous la conseille.

 

Pierre