Scénario : Jean-David MORVAN et Séverine TREFOUËL

Dessin : David EVRARD

Couleurs : Walter PEZZALI

Iréna, j’ai entendu parler de ce personnage en milieu d’année 2015 et il n’a cessé de m’intriguer parce que l’on m’avait dit qu’il s’agissait d’une personne ayant d’une part, existé et d’autre part œuvré pour le bien dans une période ô combien noire de l’histoire du monde.

En plus, son histoire allait être contée dans un style de dessin que l’on avait l’habitude de voir pour des Johan et Pirlouit, Spirou et Fantasio, en fait, un sujet tellement sérieux allait être raconté avec un style de dessin dit « gros nez ».

Ça rajoutait à ma curiosité, ce style ayant comme beaucoup, bercé ma jeunesse mais jamais pour raconter des histoires aussi encrée dans la réalité et aussi dramatique.

Ce mercredi, je suis donc allé chercher ma commande et j’ai lu le tome 1 sur 3 d’IRENA intitulé LE GHETTO.

Le titre plante déjà une partie du décor et la magnifique couverture également. Iréna, c’est en fait une dame s’occupant d’un comité d’aide social en 1941, à Varsovie et qui, avec les maigres moyens à disposition, vient en aide aux prisonniers du ghetto de Varsovie en leur procurant de la nourriture, des vêtements, des médicaments, mais même là, c’est juste de quoi tenir…

Une rencontre avec une mère au seuil de la mort, ayant peur pour son enfant, va déclencher quelque chose en elle, une révolte devant tant d’inhumanité de la part de l’occupant allemand et le silence coupable, complice (pour certains) du peuple polonais ! Elle pèsera les conséquences de ses actes avant de se lancer, pour elle et ses associés du comité social. Mais le plus important, c’est de sauver les enfants !!

Les enfants sont omniprésents, ils sont montrés dans la souffrance, dans le besoin, mais restant des enfants avec leurs rêves et leur rapport à la réalité de la situation cauchemardesque dans laquelle ils se trouvent.

Ce que j’apprécie, c’est qu’il n’y a pas de pathos à outrance, tout est dit, mais il n’y a pas de sensationnalisme ! L’essentiel est raconté, montré, on comprend tout.

J’avais tout de même un peu peur d’un sujet si sérieux dans le style de David Evrard, mais ce 1er Tome montre bien que je m’inquiétais pour rien. J’ai adoré, l’histoire de Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël fait mouche. Tous deux nous content une partie de la vie d’une femme bien courageuse et révoltée et on en vient à se demander si nous aurions été capables de faire la même chose.

Les couleurs de Walter créent une ambiance du terrible ghetto de Varsovie, des couleurs qui s’égaient lorsqu’Iréna rentre chez elle, en dehors du ghetto. Comme si le soleil n’avait aucun pouvoir sur la misère et le malheur régnant dans le ghetto.

Un album poignant, tellement bien fait et je pense, utile. Il faut montrer les personnes faisant la différence dans ces temps si sombres !

Mais sinon, la phrase de la quatrième de couverture résume bien ce 1er album :

« C’est l’histoire d’une femme ordinaire qui réalisa quelque chose d’extraordinaire, dans des circonstances insensées, pendant une périodes effroyable. »

 

Pierre