Scénario, dessins : Lu Ming

Editions MOSQUITO

Dans le titre il y a Melody, ça n’est donc pas un hasard si l’album nous conte l’histoire d’un groupe de rock chinois appelé « Au fond du ciel », composé de jeunes  musiciens passionnés et rêveurs. Il y a le batteur Heizi, le chanteur Zhang Xiaoxiao, le bassiste Mu Jiadong et ils font un tabac à leur premier festival de musique. A tel point qu’ils se mettent à rêver de durer et de peser dans la musique en Chine !

Mais la vie a sa propre mélodie et passé cette mise en bouche nous montrant le groupe de rock, au début d’une carrière prometteuse, les 3 potes retombent bien vite sur terre, avec les réalités de la vie et les difficultés qui vont avec. On nous montre l’un après l’autre, les chemins pris par les 3 rockeurs. Pour Heizi, on ne comprend pas de suite, ce gars là est le silence incarné, un personnage que l’on devine à fleur de peau, meurtri par la vie, comme ce sera révélé plus tard. Zhang Xiaoxiao, lui, va bosser dans les fringues, dans cette imposante ville qu’est Pékin.  Il y réussira, non sans conséquences sur sa vie intime. Mu Jiadong devra faire face à ses responsabilités de futur père et chercher un boulot, il trouvera dans l’immobilier, un secteur qui ne lui fera, paradoxalement pas de cadeau…

Les 3 compères finissent par se retrouver 10 ans après, à Pékin donc, une énorme ville ne générant  guère de rêves. Ils se raconteront leurs échecs, leurs regrets et le fait de se revoir leur laissera entrevoir un avenir qu’ils ont envie de reprendre en main. Reformer le groupe par exemple !

Mais la réalité va leur revenir en pleine face, Pékin ne facilite malheureusement pas la réalisation de rêves. La politique s’immisce dans la vie des gens et les 3 rockeurs vont s’en rendre compte, douloureusement. A la fin, mais en ayant toutefois retrouvé l’esprit rock’n roll !!

Cet album est tout en noir et blanc et son auteur surdoué, Lu Ming l’a réalisé en 600 jours, sans passer par l’étape des croquis, il a fait ses planches directement, en usant plus de 300 marqueurs. Je l’ai découvert lors du dernier festival de bande dessiné à Illzach dans le Haut Rhin. Une vraie claque en le voyant faire des dédicaces. Je me suis arrêté bien 2 heures sur le stand Mosquito à admirer son travail d’orfèvre.

C’est un auteur impressionnant, il me fait penser à Kim Jung Gi, lui aussi travaille sans croquis préalables. Un régal pour les yeux en dédicace et bien sûr sur cet album plein d’émotions, aux dessins sombres, très réalistes.

 

Pierre