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  Né en 48 à Paris, André JUILLARD se passionne très tôt pour le dessin. Amateur de l’œuvre des grands auteurs de la bande dessinée belge, il s’intéresse aussi à l’Histoire et celle de la France en particulier. Ayant décroché son baccalauréat, il intègre les Arts Décoratifs de Paris puis après une formation dans la communication visuelle, il se dirige vers la BD en suivant les cours de Philippe DRUILLET, Jean-Claude MÉZIÈRES ou encore Jean GIRAUD.

 Ses débuts d’illustrateur commencent en 74 dans « Formule 1 » avec un western scénarisé pars Claude VERRIEN qui lui écrira sa première aventure historique « Les aventures de Bohémond de Saint-Gilles » parue en 76 et poursuivie jusqu’en 83.

 Est-ce son goût pour l’Histoire ou sa rencontre avec Didier CONVARD puis Patrick COTHIAS qui va décider de la suite de son parcours d’auteur de BD ? Qui sait ? Le fait est qu’à partir de 78 commence « sa » grande épopée avec Ariane de Troïl pour héroïne. Sur un scénario de Patrick COTHIAS paraît « Masquerouge » dans le magazine « Pif gadget ». La publication de ces histoires courtes fera l’objet d’une compilation dans divers albums. Après quelques ouvrages historiques destinés à la publicité, il fait évoluer la série avec le même scénariste  pour donner naissance à la saga des « 7 vies de l’épervier » où l’on retrouve sous les règnes de Henri IV et Louis XIII le justicier « Masquerouge » au sein de la famille du baron de Troïl. La fin tragique de l’histoire va l’amener à poursuivre la série sur la terre des Amériques de 95 à 2002 puis en 2014 un retour en France pour un troisième cycle où l’on retrouve Ariane à la recherche de sa fille Ninon. Si André JUILLARD est reconnu comme un des chefs de file de la bande dessinée historique, confirmé par la publication avec Jacques MARTIN au scénario de la série napoléonienne « Arno », il serait fort réducteur de le voir se limiter à un genre. Il le prouve dès 93 avec la parution dans « A suivre » du récit intimiste « Le cahier bleu » qui sera plusieurs fois récompensé et recevra à juste titre le prix du meilleur album au festival d’Angoulême. Cet auteur complet prouve à ses lecteurs et peut-être à lui-même qu’il peut créer une œuvre de l’écriture au dessin. Ayant trouvé l’inspiration dans un tableau d’Edward HOPPER, il laisse son imagination échafauder une intrigue policière et sentimentale et réitèrera cet exercice en 94 en reprenant les personnages pour « Après la pluie ». En 1996, il reçoit le Grand prix de la ville d’Angoulême pour son œuvre.

 A la fin des années 80 et suite à la disparition d’Edgard P. JACOBS, Bob DE MOOR termine l’histoire restée inachevée « Les 3 formules du professeur Sato », ouvrant la voie à une possible reprise des personnages de Blake et Mortimer. Il faudra attendre 1996 pour voir le duo formé par Ted BENOIT et Jean VAN HAMME concrétiser cet essai avec « L’affaire Francis Blake ». En 2000, rebondissement pour les deux héros  britanniques. Les éditions « Blake et Mortimer » font entrer en scène un second duo pour conter leurs aventures : Yves SENTE au scénario et André JUILLARD au dessin pour « La machination Voronov ». S’adaptant parfaitement aux personnages et au style, ils font évoluer la série avec à ce jour pas moins de 7 nouveaux albums à leur actif. Ne se limitant pas à ces personnages André réalise entre autres des couvertures pour « Le triangle secret » et les deux tomes du « Long voyage de Léna » avec Pierre CHRISTIN en 2006 et 2009. En 2011 avec Yann au scénario, il dessine « Mezek », l’histoire d’un aviateur juif allemand durant la création de l’état d’Israël.

 Étendant son œuvre à toutes les techniques et tous les supports, on peut aussi découvrir ses talents d’illustrateur chez Alain BEAULET qui distille sous forme de livres, estampes, sérigraphies et même pochoirs le savoir-faire de cet auteur aux multiples facettes qui nous fait découvrir ses nus, ses portraits , New York et bien entendu sa région parisienne. On trouvera aussi chez Daniel MAGHEN « Entracte », une biographie de plus de 400 pages richement illustrée et aux éditions « Le Pythagore » une compilation de son travail dans les trois tomes de « Pêle-mêle ».

 En revoyant l’œuvre d’André JUILLARD, on constate que ses dessins sont de plus en plus épurés et évoluent vers une simplicité des images (qui ne rime pas avec facilité).   C’est l’apanage des grands auteurs que de pouvoir suggérer un maximum d’émotions avec un minimum de traits…

 …et si un jour, ami lecteur vous tombez sous le charme d’un personnage aux yeux clairs entourant une petite pupille, le dessin sera certainement signé : André JUILLARD.

            Bienvenue au parrain de la 10ème édition de STRASBULLES.

                                                                                          A.P.