Strasbulles 2020 n’arrivera pas, malheureusement !

 

A toutes celles et ceux qui surveillaient avec attention notre page facebook ou notre site pour savoir si l’édition 2020 de Strasbulles allait avoir lieu ou non, vous avez sans doute pu comprendre lors de l’allocution télévisée du Président de la République le 13 avril 2020, que notre festival ne pourrait se tenir cette année.

Effectivement tous les festivals étant interdits jusqu’à au moins la mi-juillet dans un premier temps, nous abandonnons le cœur bien lourd, la tenue de cette édition 2020 pourtant bien avancée.

Nous remercions vivement les autrices et auteurs qui avaient répondus favorablement à notre invitation, nous sommes tristes de ne pouvoir vous accueillir cette année.

Peut-être aurons-nous la possibilité de toutes et tous nous revoir dans une prochaine édition de Strasbulles (voir l’article d’Olivier Claudon des Dernières Nouvelles d’Alsace publié le 23 avril 2020).

Mais en attendant, prenez surtout grand soin de vous, de vos proches et restez chez vous !

 

Les bénévoles de l’Association ABD

 
 

 

 

 Cette année, c’est le très talentueux François Walthéry qui nous fait l’honneur d’être notre parrain !!

François  WALTHÉRY

 

 Il est toujours délicat de faire la biographie d’un auteur pour lequel on a un attachement particulier. Notre première rencontre avec l’ami Richard (F’murrr) et François date de l’époque du festival « Lobédé » de Longwy. J’ai fait la connaissance de deux frères, dans l’esprit, l’humour et les horaires (sic).

 Mais revenons à notre auteur. François est né le 17 janvier 1946 à Argenteau dans la région de Liège. Il a cinq ans lorsque sa famille déménage pour les Hauts de Cheratte, village qu’il ne quittera plus.

 Comme nombre d’auteurs, sa passion pour la Bande Dessinée le pousse à recopier dès l’enfance le travail de ses ainés comme Franquin, Tibet ou Jacobs. A 15 ans, il montre ses dessins à son voisin Mittéï qui l’encourage à continuer dans cette voie et conseille à ses parents de l’inscrire à l’école des Beaux-Arts de Saint Luc à Liège.

 Mais, 3 mois avant son inscription, Mittéï fait appel à lui suite à la maladie de Géri et à une surcharge de travail. Lui ayant concocté quelques scénarios, il lui permet de faire ses premières armes à 16 ans avec la publication des aventures de « Pipo et compagnie » qu’il signe du pseudonyme « Pop’s », surnom dont ses copains d’enfance l’avaient affublé. Vingt histoires en une planche où l’on ressent toute l’envie d’un jeune dessinateur. L’argent gagné va lui permettre d’entrer à St Luc. Mais en 1963, après une année riche en apprentissage, Peyo qui cherche un collaborateur le fait venir à Bruxelles. En culottes courtes de louveteau et accompagné par sa maman (il est mineur), il se présente à lui. Le contact est bon, puisque malgré l’oubli de ses planches à Cheratte, Peyo l’engage et ce seront dix années d’apprentissage dans le studio d’Uccle dans la banlieue bruxelloise. Constatant que François est peu à l’aise avec les Schtroumpfs, il lui confie le dessin de « Jacky et Célestin » que Will et Azara ne peuvent plus continuer, faute de temps. François a 17 ans lorsque « Vous êtes trop bon ! », le premier des 4 albums de ces héros est publié. Il termine le second « Casse-tête chinois » pendant son service militaire en Allemagne. C’est d’ailleurs à la 43° planche de cet album qu’il délaisse son pseudo pour signer de son vrai nom sur les conseils de Peyo, son mentor.

 A la demande de ce dernier, il quitte la série pour se consacrer à Benoît Brisefer, rejoint pour le dernier par l’ami Marc Wasterlain pour les décors.

 Mais un changement est en train de s’opérer dans la carrière de François. Les filles légèrement vêtues qu’il dessinait pour les copains de chambrée lors de son service militaire vont donner naissance à son héroïne, « Natacha ». Figure emblématique des changements provoqués par mai 68, elle va attendre 1970 pour paraître dans ses premières aventures : « Natacha, hôtesse de l’air » sur un scénario de Gos. Dès le second opus, « Natacha et le maharadjah », François trouve ses marques et affirme la personnalité de ses héros. Le fait de confier l’écriture à divers auteurs comme Gos, Wasterlain, Tillieux, Mittéï, Lemasque, Borgers, Cauvin, Mythic, Peyo, Dusart, D’Artet, Martens ou Sirius permet à la série de garder sa fraicheur et sa fantaisie en mettant en avant ses amis, maitres et pairs. Fidèle en amitié, on reconnaitra souvent ces derniers, caricaturés dans des rôles de bons ou de méchants. Son 23° album « Sur les traces de l’Epervier Bleu » paru fin 2018 en est la preuve.

 Mais François ne se focalise pas uniquement sur son héroïne. Il continue à travailler occasionnellement pour le studio à la demande de Peyo pendant de nombreuses années, collaborant à 11 histoires de Schtroumpfs, 4 de Benoît Brisefer et une de Johan et Pirlouit «  Le sortilège de Maltrochu ».

 En 1980, il retourne à ses sources avec l’album « Lî Vî Bleû » (Le vieux bleu), traitant de la colombophilie sur fond de terroir, puis « Tchantchès », personnage du folklore liégeois en 88 et le « P’tit bout d’chique » en 89 où l’on découvre ce qui aurait pu être son enfance contée avec beaucoup de tendresse et de rêverie.

 

 En 93, il donne naissance à « Rubine », personnage d’aspect proche de Natacha si ce n’est qu’elle est rouquine. Après les deux premiers albums, il supervisera les histoires confiées pour le dessin à Dragan De Lazare.

 

 Si une légende tenace veut que François soit un auteur « lent », il ne faudrait pas oublier le nombre de dessins et d’engagements dans lesquels il s’est impliqué, et c’est avec un plaisir certain et partagé qu’il nous honore de sa présence  comme parrain de Strasbulles 2020.                         

 

 A.P.