Bartek,

J’’aimerais que ce message devienne un cri pour que tous comprennent quel homme exceptionnel tu as été !

Il y a des gens qui ont de l’’or dans les mains, toi tu avais de l’’or dans le cœoeur.

Tu étais un modèle de bonté et d’’ouverture vers autrui. Un modèle unique.     

Tu t’’intéressais à chacun, et tendais systématiquement la main.              

Ton altruisme naturel t’’avait poussé à renoncer à toute velléité de carrière professionnelle, politique ou d’’ascension sociale pour te permettre de te donner tout entier à la vie associative, à l’’animation de la vie de la cité, à l’’écoute et à l’’accueil des autres.

Lorsqu’’il manquait quelqu’’un, tu étais toujours présent avec ta bonne humeur et tes encouragements. Lorsqu’’une tâche nous semblait embarrassante : tu y allais, le sourire aux lèvres avec toute cette candeur lumineuse et cette sincérité juvénile qui te caractérisaient si bien.

Jamais nous ne t’’avons entendu te fâcher. Tu ne te plaignais jamais, et pourtant à force de donner ce que tu avais, il t’’arrivait souvent de te trouver en difficulté. Alors on t’’aidait discrètement, mais si tu revenais la fois suivante, ce n’’était pas pour toi, c’’était pour nous dire qu’’untel ou unetelle avait besoin de nous.

 

On t’’aimait Bartek.

On t’aimait tous,

et nous étions nombreux.

Tes amis étaient innombrables et venaient de tous les milieux, et de tous les pays d’’Europe ou d’’ailleurs. Tu les retrouvais en France et tu leur rendais visite dans leurs pays respectifs. Tu les retrouvais dans toutes ces associations, de danse, de musique, de chant, de BD, d’’aide et d’’accueil des étrangers. Tu les retrouvais à la radio, dans les bars, les salles et dans toutes les manifestations et les spectacles auxquels tu prenais part et auxquels tu nous conviais tous.      

Ton enfance partagée entre la Pologne et la France,  ton intérêt pour toutes les cultures, ton apprentissage permanent de nouvelles langues étrangères, tout ça n’’était que la traduction de ton intérêt pour autrui, et de ton envie puissante de tous nous rassembler de manière confraternelle quelques soient nos différences.

Bartek, cher apôtre du bien, je pense que tu étais l’’exact opposé de celui qui t’a envoyé cette fichue balle.

Ta belle âme lumineuse a malheureusement rencontré un esprit du mal.

Il ne t’’aura pas laissé le temps de finir de réaliser ton grand projet : créer une auberge multi-ethnique, multiculturelle et multilinguistique à Strasbourg, afin de réunir tous et toutes de tous âges, venus de tous les horizons dans un même lieu d’’accueil : chez toi !

Pourtant, ce dont je suis sûr te connaissant, c’’est que si tu le croises un jour là-haut ou ailleurs, celui-là, cet opposé, celui qui a mis un terme à ton beau projet parmi nous, tu es encore capable d’’aller lui tendre la main…

Je veux crier ton nom, Bartek, le nom d’’un homme simple et bon, le nom d’’un homme exceptionnel !

Je veux crier ton nom, Bartek, car c’est injuste mais ici-bas le mal fait toujours plus de bruit que le bien !

Bartek !

 

Pourtant, et à juste raison, j’ai honte de ce que je viens d’écrire car je n’ai parlé que de toi, alors que tu me soufflais distinctement à l’oreille : « Lionel, tu dois parler de toutes les autres victimes, de ceux de Paris, de Nice, de Berlin et d’ailleurs, tu ne dois pas parler que de moi ! »

L’’homme est un enfant gâté.

Lionel WURMS, président de l’association ABD, organisatrice de Strasbulles

Téléchargez le programme (PDF)
 

C’est à Weissenfels, petite ville de campagne située au cœur de la région industrielle d’optique et de chimie de la RDA qu’Andreas Martens voit le jour en 1951. Il a 9 ans lorsqu’il quitte le pays et son périple l’amènera en 1965 à Düsseldorf afin d’y suivre ses études puis d’entrer aux Beaux-Arts.

 Arrivé en Belgique à l’âge de 22 ans, il va suivre l’enseignement de l’institut Saint-Luc durant 3 ans ainsi que les cours dispensés par Eddy Paape à l’Académie de Saint-Gilles. Des rencontres d’auteurs comme Berthet, Cossu ou Foerster dont il partagera l’atelier dès 1977 vont lui permettre d’élargir son univers graphique. En 1978, il rejoint Paris avant de s’installer définitivement en Bretagne.

 Voilà ce que l’on pourrait dire en deux mots du parcours d’un jeune homme passionné par la BD. Mais regardons d’un peu plus près l’œuvre d’un des maîtres du 9° Art…

 On peut considérer que certains auteurs font partie d’un courant graphique. Avec Andréas, c’est une nouvelle forme d’expression qui voit le jour. Dès le numéro de juillet-août 78 du mensuel (A SUIVRE), on découvre un monde étrange. Sur des scénarios de François Rivière, le dessinateur va nous faire découvrir son aptitude à utiliser la carte à gratter comme support et à s’affranchir rapidement des conventions  pour nous offrir des planches d’une construction très originale. Des histoires, quasi vraisemblables, qui dépeignent des moments de la vie de célébrités comme Lovecraft, Agatha Christie, Jules Verne ou Pierre Loti (où il utilise de manière novatrice le format à l’italienne), et qui paraitront en album en 80 dans « Révélations posthumes ». Il co-signe avec Eddy Paape la BD « Udolfo » avant de nous envoûter graphiquement avec « Cromwell Stone » et « Cyrrus ».

 Si l’on perçoit déjà chez Andreas une envie d’exploiter le médium de la Bande Dessinée sous toutes ses formes et dans toutes les directions, ce sera dans ses séries incontournables comme « Rork » (de 1984 à 2015), « Capricorne » (de 1997 à 2017) et « Arq » (de 1997 à 2015) qu’il va nous montrer tout son talent. Si ses histoires traitent régulièrement d’univers parallèles, d’ésotérisme et quêtes diverses ou d’intrigues judicieusement ficelées, avec une part de bien et de mal pour asseoir son récit, son graphisme  explose littéralement. Utilisant la pleine page, voire la double page pour un même dessin, il peut aussi la découper en plus de 20 vignettes, donnant quelquefois un style cinématographique à ses planches et n’hésitant pas à superposer les histoires comme s’il utilisait une caméra multiplane. Il va ainsi se servir de tous les artifices de couleurs, styles, angles de vue et composition pour nous plonger dans ses récits. Si les histoires qu’il nous conte peuvent parfois sembler un peu alambiquées, il ne faut pas s’y tromper : Andreas est passé maître dans les rebondissements et dans l’art de jouer avec le lecteur. Il donne l’impression de tisser sa toile avant de capturer sa proie et il faudra attendre la fin d’une série pour en savourer tous les instants et parfois en comprendre les tenants et les aboutissants.

 Mais l’auteur sait aussi se diversifier dans les genres et dans les rôles. On le retrouve ainsi comme scénariste pour « Mortes saisons » avec Philippe Berthet au dessin ou « Mobilis » avec Christian Durieux aussi bien que dessinateur de Luc Orient avec Eddy Paape ou « Donjon Monsters » avec Joann Sfar et Lewis Trondheim et plus récemment un retour aux albums « Dérives » avec divers scénaristes.

 

 Andreas ressemble un peu à ses héros. Il est toujours en quête de quelque chose, ne réussissant jamais à se satisfaire de son Art. Il paraît utiliser ses personnages comme des avatars qui feront les routes qu’il n’a pas pu suivre. Et si à ce jour, malgré une soixantaine d’albums parus il est toujours en recherche, c’est pour notre plus grand bonheur. Bienvenue au parrain de la 11° édition de Strasbulles et aux mondes d’Andreas.

 

A.P.

Comme chaque année, notre beau festival invite un autre pays de bandes dessinées et cette fois, nous avons l’honneur de recevoir la SERBIE. Un pays qui compte parmi ses artistes, de nombreux dessinateurs et scénaristes de renom.

Pour cette 11ème édition du festival de Strasbulles, nous aurons la chance de vous présenter les auteurs suivant :

 

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